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Guide pratique pour télétravailler depuis l’étranger sans perdre ses droits et rester dans les clous administratifs

Guide pratique pour télétravailler depuis l’étranger sans perdre ses droits et rester dans les clous administratifs

Guide pratique pour télétravailler depuis l’étranger sans perdre ses droits et rester dans les clous administratifs

Pourquoi télétravailler depuis l’étranger ne s’improvise pas

Poser son ordinateur face à la mer en Grèce ou dans un café à Lisbonne, c’est tentant. Mais à partir du moment où vous êtes officiellement domicilié en France, télétravailler depuis l’étranger n’est pas juste une question de Wi-Fi. Il y a des enjeux très concrets :

La bonne nouvelle : avec un minimum de préparation, on peut très bien télétravailler quelques semaines ou quelques mois à l’étranger sans se mettre en difficulté. L’enjeu, c’est de savoir jusqu’où vous pouvez aller sans tout faire basculer.

Les trois questions clés à se poser avant de partir

Avant de regarder les billets d’avion, clarifiez ces trois points. Ils vont conditionner toutes les démarches à suivre :

En pratique, on peut distinguer trois scénarios fréquents :

Plus votre séjour est long, plus il faudra être carré administrativement. Pour un mois en Espagne, ce ne sera pas la même usine à gaz que pour un an au Mexique.

Cas n°1 : vous êtes salarié et vous voulez télétravailler à l’étranger

C’est le cas le plus sensible, car vous ne décidez pas seul. Votre employeur est exposé aux mêmes risques que vous, voire plus.

1. Avoir un accord clair avec votre employeur

Oubliez l’idée de « partir en douce » avec votre ordinateur sous le bras. Si un accident du travail survient, si l’URSSAF contrôle ou si un conflit se déclare, le mensonge se retourne contre tout le monde.

À négocier noir sur blanc (idéalement par mail ou avenant) :

2. Ne pas créer malgré vous un « établissement stable »

En termes simples, si vous travaillez longtemps pour une entreprise française depuis un autre pays, ce pays peut considérer que l’entreprise « opère » chez lui. Conséquences possibles :

Pour limiter ce risque, beaucoup d’entreprises posent une règle : télétravail depuis l’étranger limité à quelques semaines par an, sans prise de contact commerciale avec le marché local.

3. Rester couvert par la sécurité sociale française (UE / EEE / Suisse)

Si vous partez dans l’UE / EEE / Suisse et que vous restez salarié en France, vous pouvez, sous certaines conditions, continuer à dépendre de la sécurité sociale française.

Les outils à connaître :

En pratique, pour un télétravail de quelques semaines dans l’UE, beaucoup d’employeurs se contentent de la CEAM, mais dès que l’on dépasse 1 ou 2 mois, le formulaire A1 devient un vrai sujet.

4. Hors Europe : attention aux trous de couverture

Hors UE / EEE / Suisse, la caisse française ne couvre pas de la même manière. Selon les pays, vous pouvez vous retrouver avec :

Dans ce cas, il est souvent indispensable de prendre :

5. Fiscalité : le fameux seuil des 183 jours

La règle de base : tant que vous restez résident fiscal français (centre de vos intérêts en France, et moins de 183 jours par an dans un autre pays), vous continuez à payer vos impôts en France.

Mais si vous travaillez plus de 183 jours dans un pays donné, ce pays peut :

Les conventions fiscales entre la France et le pays en question évitent en général la double imposition, mais cela reste du cas par cas. Au-delà de 3 à 4 mois dans un même pays, un avis d’expert-comptable ou de fiscaliste devient vraiment utile.

Cas n°2 : vous êtes freelance ou indépendant

Si vous êtes à votre compte, vous avez plus de liberté géographique… mais pas moins d’obligations.

1. Où êtes-vous affilié pour vos cotisations sociales ?

Tant que vous maintenez votre activité déclarée en France, vous restez en principe affilié à la sécurité sociale française, même en voyageant souvent.

Les points à surveiller :

2. Résidence fiscale et « nomadisme »

Le fantasme du digital nomad qui ne paie d’impôts nulle part reste… un fantasme. En pratique, vous êtes toujours résident fiscal quelque part, même si vous changez de pays tous les deux mois.

Pour rester résident fiscal français, il faut en gros :

Si vous partez un an en Amérique latine tout en gardant votre micro-entreprise en France, la France restera généralement votre pays de résidence fiscale. Mais certains pays peuvent vous considérer comme résident si vous y passez beaucoup de temps. Là encore, attention aux conventions fiscales.

3. Facturer depuis l’étranger

Concrètement, si vous êtes en déplacement mobile et que votre activité reste déclarée en France :

En revanche, si vous vous installez durablement dans un autre pays, il peut être plus cohérent (et parfois obligatoire) d’y créer une structure locale.

Visas et statuts : touriste, résident, visa « digital nomad »

Dernier point souvent sous-estimé : le droit d’entrée et de séjour dans le pays où vous allez travailler.

1. Schengen et Europe

Si vous êtes ressortissant d’un pays de l’UE et que vous télétravaillez dans un autre pays de l’UE, l’essentiel est simple :

En revanche, certains pays peuvent vous demander de vous enregistrer auprès des autorités locales si vous restez plus de 3 mois sur place. C’est rarement contrôlé pour les séjours courts, mais à savoir.

2. Hors Europe : attention au type de visa

Beaucoup de voyageurs télétravaillent avec un simple visa touriste. Dans la pratique, tant qu’il n’y a pas d’activité commerciale locale (vente sur place, clients locaux), de nombreux pays « ferment les yeux ».

Mais légalement, travailler avec un visa touristique est souvent interdit. Pour rester dans les clous, renseignez-vous sur :

Ces visas demandent en général :

Sécurité sociale, mutuelle, assurances : ce qui doit être béton

Pour éviter de vous retrouver avec une facture d’hôpital à cinq chiffres, le trio suivant doit être clair avant de partir :

1. Sécurité sociale de base

Vérifiez :

2. Mutuelle / assurance santé

Beaucoup de mutuelles françaises couvrent les voyages touristiques de courte durée, mais pas forcément :

Prenez le temps d’appeler votre mutuelle et posez des questions précises : durée maximale de séjour, plafond de prise en charge, exclusions géographiques.

3. Assurance voyage ou santé internationale

Si vous partez plus de 2 ou 3 mois, ou hors Europe, une assurance complémentaire est souvent une bonne idée, voire indispensable. Selon votre profil :

Organisation pratique : se préparer comme pour une mini-expatriation

Au-delà de l’administratif, télétravailler dans de bonnes conditions depuis l’étranger, c’est aussi très concret. Quelques points à anticiper :

1. Matériel et connexion

2. Les horaires et le fuseau horaire

Se caler sur la France depuis Bangkok ou Montréal n’a pas le même impact :

Anticipez avec votre employeur / vos clients : plages de disponibilité, réunions, délais de réponse.

3. Logement adapté au travail

Travailler cinq jours par semaine sur une table basse ou un lit, ça va deux jours… pas six semaines. Au moment de choisir votre logement :

Exemples concrets de situations courantes

1. Salarié français qui part un mois en Espagne

À faire idéalement :

Risque limité si la durée reste exceptionnelle et que l’entreprise ne transforme pas ça en pratique permanente.

2. Freelance en micro-entreprise qui veut passer 6 mois au Portugal

Points à vérifier :

3. Salarié qui rêve d’un an au Costa Rica en télétravail

Là, les voyants sont au rouge :

Dans un cas comme celui-ci, il faut envisager des options plus lourdes : contrat local, congé sans solde, rupture conventionnelle et activité à son compte, etc.

Check-list avant de télétravailler depuis l’étranger

Pour partir l’esprit plus léger, voici une check-list rapide à adapter à votre situation :

Le but n’est pas de transformer chaque séjour en dossier de 40 pages, mais de savoir où sont les vrais enjeux pour votre cas précis. Un week-end prolongé à Milan avec un ou deux jours de télétravail n’implique pas les mêmes risques qu’un trimestre à Bali. En prenant le temps de cadrer les choses avant de partir, vous pourrez profiter pleinement de l’avantage du télétravail : la liberté de bouger, sans sacrifier vos droits ni mettre votre situation en danger.

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