Comment voyager en train de nuit pour remplacer l’avion sur les moyennes distances et réduire votre empreinte carbone

Comment voyager en train de nuit pour remplacer l’avion sur les moyennes distances et réduire votre empreinte carbone

Pourquoi le train de nuit peut vraiment remplacer l’avion sur les moyennes distances

Vous avez envie de réduire vos vols, mais vous n’êtes pas prêt à passer deux jours dans un bus pour traverser l’Europe ? Le train de nuit est une alternative intéressante pour toutes les distances entre 600 et 1 500 km environ : Paris–Vienne, Lyon–Barcelone, Bruxelles–Berlin, Milan–Sicile, etc.

Concrètement, sur ces trajets, l’avion reste souvent le réflexe… mais pas forcément le plus logique si on tient compte :

  • des temps d’attente à l’aéroport,
  • des transferts souvent longs entre aéroport et centre-ville,
  • de l’impact carbone du vol,
  • de la fatigue liée aux horaires très matinaux.

Le train de nuit, lui, permet de transformer un déplacement “perdu” en nuit de sommeil… et d’arriver en plein centre-ville au petit matin.

Sur le plan carbone, l’ordre de grandeur est clair : pour un Paris–Vienne, un trajet en avion émet environ 250 à 300 kg de CO₂ par personne, contre 10 à 20 kg pour un train de nuit (variable selon l’occupation du train et la source d’électricité). C’est en gros 10 à 20 fois moins émetteur.

Voyons maintenant comment s’y prendre, étape par étape, pour remplacer un maximum de vos vols moyens courriers par des trains de nuit, sans sacrifier le confort ni le budget.

Quels trajets sont vraiment adaptés au train de nuit ?

Le train de nuit est le plus pertinent pour des distances qui représenteraient :

  • entre 8 et 15 heures de trajet en train de jour,
  • un vol de 1 h à 3 h avec au moins un transfert aéroport compliqué.

Exemples typiques de lignes européennes (à vérifier selon la saison) :

  • France : Paris–Nice, Paris–Briançon, Paris–Rodez, Paris–Latour-de-Carol (Pyrénées).
  • France–Espagne : Paris–Portbou (correspondances pour Barcelone), parfois liaisons saisonnières vers l’Espagne.
  • France–Italie : Paris–Milan–Venise (Thello n’existe plus, mais des projets reviennent ; à suivre).
  • Autriche / Europe centrale (ÖBB Nightjet) : Vienne vers Berlin, Hambourg, Zurich, Rome, Milan, Amsterdam, Bruxelles, Paris.
  • Allemagne : Berlin–Munich, Hambourg–Munich, liaisons via Nightjet ou autres opérateurs.
  • Italie : Rome–Sicile, Milan–Palerme, Turin–Lecce, etc.
  • Europe de l’Est : nombreuses liaisons internationales (Budapest–Bucarest, Prague–Cracovie, etc.).

Pour savoir si un train de nuit existe entre deux villes, le plus simple est d’utiliser un comparateur spécialisé comme The Man in Seat 61 (site en anglais) qui recense les lignes et donne les liens de réservation, ou de tester directement dans les applications de grandes compagnies (SNCF, ÖBB, DB, etc.) en cherchant un départ autour de 19–23 h.

Budget : combien coûte un train de nuit par rapport à l’avion ?

Contrairement à ce qu’on imagine, le train de nuit n’est pas toujours plus cher que l’avion, surtout si vous intégrez le coût :

  • de la nuit d’hôtel économisée,
  • des transferts aéroport (navette, taxi, RER…),
  • des bagages en soute facturés par les compagnies low-cost.

Sur un Paris–Vienne par exemple, on peut rencontrer (à titre indicatif) :

  • Avion low-cost : 70–150 € A/R selon la saison, + 20–50 € de bagages, + 20–30 € de transferts aéroport, + 1 nuit d’hôtel (60–120 €) si vous arrivez très tard. Coût réel sur le week-end : souvent autour de 200–250 € ou plus.
  • Train de nuit Nightjet :
    • Place assise : 40–80 € l’aller si réservé tôt.
    • Couchette (4–6 personnes) : 70–120 € l’aller.
    • Cabine lit (1–3 personnes) : 120–200 € l’aller.

    La nuit d’hébergement est incluse, ainsi qu’un petit-déjeuner simple dans beaucoup de cas.

Pour optimiser le budget :

  • Réserver tôt : les trains de nuit fonctionnent avec des grilles tarifaires “yield management” (comme les avions). Les meilleurs tarifs partent vite, surtout sur les cabines privées.
  • Être flexible sur la date : éviter les vendredis et dimanches soirs quand c’est possible.
  • Accepter la couchette partagée : le meilleur compromis prix / confort / sécurité pour beaucoup de voyageurs.
  • Comparer avec le prix réel du city-trip : avec ou sans nuit d’hôtel, transferts, bagages.

Comment réserver concrètement un train de nuit ?

La difficulté principale, pour l’instant, c’est que l’offre est fragmentée par pays. Selon votre trajet, vous devrez :

  • passer par la SNCF pour un départ de France (oui, même pour certains Nightjet),
  • réserver directement sur ÖBB (Autriche), DB (Allemagne), Trenitalia ou Italo (Italie), Renfe (Espagne), etc.,
  • ou utiliser un intermédiaire comme Rail Europe ou Trainline, pratique pour visualiser les itinéraires mais parfois avec des frais.

Quelques repères pratiques :

  • Pour les Nightjet (Autriche, Allemagne, Suisse, France, Italie, Pays-Bas, Belgique) : le site de ÖBB (ou l’appli) reste la référence, même si les trajets sont parfois visibles sur les sites nationaux.
  • Pour les trains de nuit français : réservation via SNCF Connect ou en gare, avec choix entre siège inclinable, couchette 4 ou 6 personnes, 1re ou 2de classe selon les lignes.
  • Pour l’Italie : regarder les “Intercity Notte” sur Trenitalia.
  • Pour l’Europe de l’Est : parfois il faut réserver en gare ou via des agences locales ; le site The Man in Seat 61 donne des explications détaillées, pays par pays.

Au moment de réserver, faites attention à :

  • La composition du compartiment : femmes seules, mixte, “single”, “double”, “triple”… Toutes les options ne sont pas disponibles sur toutes les lignes.
  • L’heure réelle d’arrivée : un train de nuit qui arrive à 5 h du matin peut être plus fatigant qu’utile si aucun café n’est ouvert et si vous ne pouvez pas poser vos bagages.
  • Les correspondances de nuit : plus il y en a, plus le risque de retard ou de nuit hachée augmente. Privilégiez toujours les lignes directes.

Quel niveau de confort attendre selon le type de place ?

Le mot “train de nuit” couvre des réalités très différentes. Avant de tout plaquer pour une tournée européenne en couchette, posez-vous une question simple : vous dormez comment dans les transports ?

Les grandes options :

  • Siège inclinable
    • Avantages : le moins cher, idéal pour les budgets très serrés ou les courtes distances (8–9 h).
    • Inconvénients : qualité de sommeil très aléatoire, lumière, bruit, passage, voisins.
    • Pour qui ? : jeunes voyageurs, habitués des bus de nuit, personnes très flexibles sur le confort.
  • Couchette (4 ou 6 personnes)
    • Avantages : vrai couchage, draps ou sac de couchage fourni, possibilité de s’allonger complètement.
    • Inconvénients : intimité limitée, compartiment partagé avec des inconnus (sauf si vous réservez tout le compartiment).
    • Pour qui ? : couples, groupes d’amis, voyageurs solo qui veulent un bon compromis prix / confort.
  • Cabine lit (1–3 personnes)
    • Avantages : intimité, souvent petit-déjeuner inclus, parfois douche privative, atmosphère plus calme.
    • Inconvénients : plus cher, à réserver très en avance.
    • Pour qui ? : couples, voyages professionnels, personnes qui supportent mal les nuits partagées.

Une règle simple : si vous remplacez un vol + 1 ou 2 nuits d’hôtel, ça vaut souvent le coup de mettre un peu plus dans une couchette ou une cabine lit pour un vrai repos.

Comment s’organiser pour bien dormir (et ne pas arriver plus fatigué qu’en avion)

Le secret d’un train de nuit réussi, ce n’est pas seulement le billet, c’est la préparation. Avec quelques ajustements, l’expérience change complètement.

À prévoir dans votre sac cabine :

  • bouchons d’oreilles + masque de nuit : indispensables, même en cabine privée (bruits de voie, annonces, lumières),
  • vêtements confortables : leggings, jogging, t-shirt ample, chaussettes chaudes,
  • foulard ou petit plaid : utile si la clim est forte ou si la couverture fournie est légère,
  • trousse de toilette minimaliste : brosse à dents, lingettes, petit flacon de savon, crème hydratante,
  • bouteille d’eau + petit encas : tous les trains n’ont pas de voiture-restaurant, et les horaires ne coïncident pas toujours avec vos repas.

Pour maximiser vos chances de dormir :

  • Évitez les grosses doses de café ou thé en fin d’après-midi.
  • Arrivez au train avec un minimum 30 minutes d’avance pour avoir le temps de vous installer, ranger vos affaires et repérer où se trouvent les toilettes.
  • Rangez vos objets de valeur dans un petit sac que vous gardez près de vous (ceinture cache-billets, petite pochette sous l’oreiller, etc.).
  • Programmez un réveil 20–30 minutes avant l’arrivée pour avoir le temps de vous préparer sans stress.

Sécurité : voyager de nuit, est-ce vraiment risqué ?

Les questions de sécurité reviennent souvent, surtout pour les voyageurs solo ou les femmes qui hésitent à prendre une couchette partagée.

Ce qu’il faut savoir :

  • La majorité des trains de nuit européens disposent de contrôleurs présents à bord, qui vérifient régulièrement les billets.
  • Dans les couchettes, il y a généralement une porte qui se ferme de l’intérieur, avec parfois un verrou supplémentaire.
  • En cabine privée, l’accès est limité et l’atmosphère est proche d’une petite chambre d’hôtel.

Quelques précautions simples suffisent à voyager sereinement :

  • Gardez vos papiers, téléphone et portefeuille sur vous ou sous votre oreiller, pas dans un sac posé près de la porte.
  • Utilisez un petit cadenas pour fermer votre valise ou sac de voyage.
  • Si vous voyagez seule, vérifiez lors de la réservation s’il existe une option de compartiment “femmes uniquement” (disponible sur certaines lignes Nightjet et italiennes).
  • Évitez de laisser vos affaires sans surveillance dans les couloirs ou aux extrémités de voiture.

Sur la grande majorité des lignes européennes, les incidents restent rares, et la sécurité est généralement jugée bonne par les voyageurs réguliers.

Carbone : mesurer concrètement l’impact de votre choix

On parle beaucoup de “réduire son empreinte carbone”, mais c’est plus parlant avec des ordres de grandeur concrets.

Pour un trajet de 1 000 à 1 200 km environ :

  • En avion : comptez environ 200–300 kg de CO₂ par personne, aller-retour. C’est quelques % du budget carbone annuel d’un Français si l’on vise les objectifs climatiques.
  • En train de nuit : on tombe souvent autour de 10–30 kg de CO₂ pour le même trajet, parfois moins si l’électricité est fortement décarbonée (cas de la France et de la Suisse).

Ces chiffres varient selon les sources, mais l’ordre de grandeur reste le même : le train émet 10 à 20 fois moins que l’avion sur la plupart des trajets européens, parfois plus.

Pour vérifier par vous-même, vous pouvez utiliser des calculateurs comme :

  • le calculateur de l’ADEME (France),
  • le calculateur Ecolab ou des comparateurs de CO₂ intégrés dans certains sites de réservation.

Remplacer 2 ou 3 vols moyens-courriers par des trains de nuit dans l’année peut déjà réduire de plusieurs centaines de kilos vos émissions, sans renoncer aux voyages urbains en Europe.

Exemples d’itinéraires où le train de nuit remplace très bien l’avion

Pour rendre tout cela plus concret, voici quelques cas typiques où le train de nuit s’intègre facilement dans un séjour.

Week-end prolongé à Vienne depuis Paris

  • Jeudi soir : départ de Paris en Nightjet, nuit à bord.
  • Vendredi matin : arrivée à Vienne, installation directe en ville, café, balade.
  • Dimanche soir : départ de Vienne en Nightjet.
  • Lundi matin : arrivée à Paris, journée de travail possible si vous dormez bien dans le train.

Résultat : 2 vraies journées pleines sur place, pas d’aéroport, pas de stress de bagages, empreinte carbone divisée par un facteur à deux chiffres par rapport à l’avion.

Vacances dans les Alpes sans voiture

  • Soir : départ de Paris en train de nuit pour Briançon.
  • Matin : arrivée au cœur des montagnes, journée de rando dès le premier jour.
  • Retour : même schéma, avec un train de nuit qui vous ramène au petit matin à Paris.

Là encore, vous gagnez deux journées entières sur votre séjour par rapport à un trajet de jour, et vous évitez les embouteillages de week-end.

Grand tour d’Italie

  • Jour 1 : train de jour pour Milan, soirée en ville.
  • Nuit 1 : Intercity Notte pour descendre vers la Sicile.
  • Jour 2 : arrivée au sud, début des vacances.
  • Plus tard : train de nuit Sicile–Rome ou Naples–Milan pour remonter sans perdre une journée complète dans le train.

Chaque nuit de train vous fait économiser une nuit d’hébergement ET des heures de trajet de jour.

Quelques astuces pour franchir le cap et tester le train de nuit

Si vous hésitez encore à remplacer l’avion par le train de nuit, vous pouvez y aller progressivement.

  • Commencez par un trajet national (Paris–Nice, Paris–Briançon) pour tester votre tolérance au sommeil en mouvement.
  • Réservez une couchette plutôt qu’un siège pour votre première expérience, quitte à viser une ligne un peu moins chère.
  • Préparez bien votre arrivée : repérez à l’avance un café ou une consigne à bagages près de la gare d’arrivée pour les arrivées très matinales.
  • Gardez un plan B : si vous arrivez vraiment épuisé, prévoyez un hébergement flexible ou une première journée plus légère (balade, café, parc) plutôt que des visites très denses.

À partir d’une ou deux expériences réussies, il devient beaucoup plus naturel de vous demander à chaque voyage moyen-courrier : “est-ce qu’un train de nuit existe ?” avant même de regarder les vols.

En pratique, vous n’allez peut-être pas éliminer tous vos vols. Mais si chaque voyageur transforme seulement 2 ou 3 vols européens par an en trajets de nuit en train, l’impact collectif devient énorme, sans renoncer au plaisir de partir.

Et vous, sur quel trajet pourriez-vous tenter votre premier train de nuit à la place de l’avion ?

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