Les nouvelles tendances slow travel pour redécouvrir l’europe autrement sans courir après les incontournables

Les nouvelles tendances slow travel pour redécouvrir l’europe autrement sans courir après les incontournables

Pourquoi le slow travel s’impose enfin en Europe

Vous avez déjà enchaîné 5 villes en 7 jours, avec l’impression de passer plus de temps dans les gares que dans les rues ? Le slow travel est né justement en réaction à ce type de voyages-marathons. En Europe, il prend aujourd’hui de nouvelles formes, plus accessibles et mieux adaptées aux contraintes réelles (budget, congés limités, transports parfois compliqués).

Plutôt que de « faire » un maximum de pays, l’idée est de réduire le nombre d’étapes, allonger la durée sur place et privilégier les trajets doux (train, vélo, marche, parfois bus). Le but n’est pas seulement écologique : c’est aussi une manière de voyager moins fatigué, de mieux comprendre un lieu et d’éviter la frustration permanente de « tout ce qu’on n’a pas eu le temps de voir ».

Dans cet article, on va voir comment ces tendances se traduisent concrètement en Europe, avec des exemples d’itinéraires, des ordres de budget et des pistes pour adapter ça à votre propre façon de voyager.

Rester plus longtemps dans moins d’endroits : la base du slow travel

La première tendance forte, c’est le séjour long dans une seule région, au lieu du fameux road trip qui traverse 4 pays. En pratique, ça change quoi ?

Plutôt que 10 jours sur 4 capitales (Rome – Florence – Venise – Milan, par exemple), beaucoup de voyageurs choisissent désormais :

  • 7 à 10 jours dans une seule région (Toscane, Catalogne, Bretagne, Bohême, etc.)
  • avec 1 à 2 bases fixes seulement (une ville, un village, un coin de campagne)
  • et des excursions à la journée en train, bus ou vélo

Les avantages sont très concrets :

  • Moins de fatigue : vous gagnez facilement 1 à 2 jours de « vrais » temps libres sur 10 jours, simplement en supprimant les check-in/check-out à répétition.
  • Moins de frais cachés : transferts, consignes à bagages, petits trajets de taxi, petit-déjeuner pris vite et cher à la gare… tout ça se réduit nettement.
  • Logements négociables à la semaine : en Europe, beaucoup d’hôtes font 5 à 15 % de remise pour des séjours de 7 nuits ou plus, surtout hors haute saison.

Exemple concret : au lieu d’un Paris – Amsterdam – Berlin en 9 jours, un couple opte pour 9 jours à Berlin et sa région :

  • Base à Berlin (7 nuits) + 2 nuits à Potsdam ou sur les lacs au sud.
  • Excursions en train : Wannsee, Oranienburg, Potsdam, Spreewald.
  • Budget logement : 80–120 € / nuit en location avec cuisine, soit souvent moins cher que 3 villes enchaînées avec nuits d’hôtel courtes et coûteuses.

Au final, même budget, mais plus de temps sur place, moins de stress et une vraie impression d’avoir « vécu » la ville plutôt que de l’avoir survolée.

Privilégier le train et les trajets terre-à-terre

Autre tendance forte : le retour du voyage en train pour traverser l’Europe, parfois complété par du bus longue distance. Pas par militantisme uniquement, mais parce qu’on se rend compte que :

  • le temps cumulé avion + transferts + contrôles rivalise souvent avec le train,
  • le voyage en lui-même devient une partie du séjour, pas seulement une « perte de temps ».

Ce qui se développe beaucoup :

  • Les itinéraires 100 % train : par exemple, un Lyon – Milan – Bologne – Bari en 15 jours, en réservant les trains à l’avance (40 à 60 € par grande étape si on s’y prend tôt).
  • Les combinaisons train + bus : utile pour les zones moins bien reliées, comme certaines régions des Balkans, du Portugal intérieur ou de la Scandinavie.
  • Le retour des trains de nuit : France – Autriche, Autriche – Italie, Allemagne – Hongrie… même si l’offre reste irrégulière, les lignes rouvrent petit à petit.

En pratique, comment organiser un voyage slow travel en train en Europe ?

  • Limiter les changements : privilégiez 2 à 4 grandes étapes maximum sur deux semaines.
  • Viser 3–5 h de train plutôt que de longs trajets de 8–10 h qui cassent la journée.
  • Réserver à l’avance pour l’Italie, l’Espagne, la France et les trains internationaux : les prix peuvent doubler ou tripler à l’approche de la date.

Budget indicatif pour 10–12 jours en train en Europe centrale :

  • 3 grandes étapes (par exemple : Vienne – Bratislava – Budapest).
  • Billets réservés à l’avance : 15 à 35 € par trajet entre capitales.
  • Total transports internes : 60 à 100 € par personne si vous optimisez les horaires et les offres.

Pour ce type de voyage, le slow travel ne veut pas dire « aller le moins loin possible », mais optimiser le trajet pour qu’il soit fluide, logique et agréable à vivre.

Choisir une « base » et rayonner en étoile

Une autre pratique de plus en plus courante : poser ses valises dans une ville moyenne ou un village bien desservi, puis faire des excursions à la journée. C’est l’inverse des itinéraires « zapping » où on change de lit tous les deux jours.

Profil type : vous prenez un Airbnb ou une chambre d’hôtes pour 7 nuits dans une ville bien placée et vous organisez :

  • 2 à 3 journées visites dans la ville même,
  • 2 à 3 journées d’excursions à 30 min–1h30 de train/bus,
  • 1 jour totalement libre pour flâner, refaire un coup de cœur, ne rien prévoir.

Quelques bases qui fonctionnent très bien :

  • Valence (Espagne) pour rayonner vers Albufera, Xàtiva, Sagunto, la Costa Blanca…
  • Bologne (Italie) pour visiter Modène, Parme, Ravenne, Ferrare, Florence (si vous y tenez) en train direct.
  • Porto (Portugal) pour Guimarães, Braga, Aveiro, le Douro, la côte atlantique.
  • Ljubljana (Slovénie) pour le lac de Bled, le lac de Bohinj, les grottes de Postojna, la côte slovène.

Avantages concrets :

  • Moins d’organisation : un seul logement, un seul contact, un seul check-in.
  • Logement mieux adapté : plus simple de trouver une location confortable avec cuisine et espace de travail pour une semaine que pour 2 nuits.
  • Coût maîtrisé : vous pouvez faire vos courses, cuisiner certains repas, repérer les bonnes adresses sans perdre du temps à chaque nouvelle ville.

Ce type de voyage convient particulièrement :

  • aux voyageurs qui travaillent à distance,
  • aux familles avec enfants (moins de trajets, plus de repères),
  • aux personnes qui n’aiment pas passer leur temps à refaire les bagages.

Redécouvrir les campagnes et petites villes plutôt que les capitales saturées

Autre tendance forte du slow travel : s’éloigner des hyper-centres touristiques. Ce n’est pas seulement une question de foule, mais aussi de rapport qualité/prix et de qualité de vie sur place.

Concrètement, cela donne des choix comme :

  • loger à Gand plutôt qu’à Bruges pour la Belgique, ou combiner les deux en ayant sa base à Gand, moins chère et mieux desservie,
  • préférer Nîmes, Arles ou Uzès plutôt qu’Avignon en pleine saison estivale,
  • visiter le Nord de la Croatie (Istrie, îles moins connues) au lieu de Dubrovnik en plein mois d’août.

En termes de budget, l’impact est très visible :

  • logement souvent 20 à 40 % moins cher que dans les capitales,
  • restaurants plus locaux, avec des menus du jour corrects autour de 12–18 € dans beaucoup de pays d’Europe centrale et du Sud,
  • moins de « pièges à touristes » aux abords des grandes attractions.

Et surtout, le rythme de vie est plus compatible avec le slow travel : marchés locaux, balades, cafés de quartier, pistes cyclables… Vous pouvez prendre le temps de répéter les mêmes habitudes pendant quelques jours, ce qui change radicalement la perception du voyage.

Voyager en Europe au rythme du vélo et de la marche

Pour ceux qui aiment bouger sans multiplier les transports, les itinéraires à vélo ou à pied se développent énormément, avec des services bien pensés : transfert de bagages, balisage, hébergements adaptés.

Quelques exemples de tendances actuelles :

  • Les véloroutes européennes (EuroVelo) : par exemple, l’EuroVelo 6 (Atlantique – Mer Noire) qui traverse la Loire, le Rhin et le Danube, est très prisée pour faire un tronçon de 5 à 10 jours.
  • Les itinéraires côtiers : Rota Vicentina au Portugal, sentier côtier au Pays de Galles, Cinque Terre en Italie (à éviter en plein été si possible).
  • Les chemins de pèlerinage revisités : Camino de Santiago, Via Francigena… souvent parcourus en tronçons courts (5–7 jours) plutôt qu’en un seul bloc.

Pour un voyage slow à vélo en Europe, vous pouvez :

  • soit venir avec votre vélo (en train, en voiture, parfois en avion avec surcoût),
  • soit louer sur place, parfois avec assistance électrique, ce qui ouvre la porte à plus de monde.

Ordre de prix pour un itinéraire vélo organisé en semi-autonomie (par exemple le Danube entre Passau et Vienne) :

  • location d’un vélo 7 jours : 90–150 €, VAE autour de 180–250 €;
  • hébergements type pension ou petits hôtels : 50–90 € la nuit pour 2;
  • transfert de bagages (optionnel) : 15–25 € par étape.

Ce type de voyage est typiquement slow : on avance peu chaque jour (30 à 60 km à vélo, 10 à 20 km à pied), on prend le temps de s’arrêter, de parler, de regarder. Et on ne court pas après les « must see » : l’itinéraire en lui-même devient la vraie attraction.

Allonger moins souvent plutôt que partir tout le temps

On voit aussi émerger une façon différente de « consommer » les vacances en Europe : partir moins souvent, mais plus longtemps. Plutôt que 3 city-trips de 3 jours par an en avion low-cost, certains voyageurs préfèrent :

  • faire 1 séjour de 2 ou 3 semaines,
  • en train ou en combinant un seul vol aller/retour + déplacements terrestres sur place.

Sur le plan pratique, pour un salarié avec 5 semaines de congés, ça peut donner :

  • 1 grand voyage de 2–3 semaines en Europe,
  • quelques week-ends plus proches, en France ou dans les pays voisins.

L’avantage, c’est que sur un long séjour :

  • la part fixe du budget (assurance, bagage, billets internationaux) est répartie sur plus de jours,
  • vous avez le temps d’alterner journées actives et journées très calmes,
  • vous pouvez négocier des tarifs dégressifs sur les logements.

Un voyage de 15 jours en Italie du Nord, par exemple, peut être organisé ainsi :

  • 3–4 jours à Turin,
  • 5–6 jours dans une petite ville lacustre (Lac Majeur ou Lac de Garde) en base fixe,
  • 4–5 jours à Bologne comme deuxième base (avec excursions).

On reste dans un périmètre relativement restreint, mais la variété d’ambiances est grande, et surtout, le temps n’est plus une course.

Moins d’« incontournables », plus d’itinéraires thématiques

Enfin, l’une des grandes évolutions du slow travel en Europe, c’est le passage du « il faut absolument voir ça » à « qu’est-ce que j’ai envie de vivre ? ». Cela donne des itinéraires construits non plus autour des grandes listes de monuments, mais autour de thèmes :

  • gastronomie et marchés locaux,
  • randonnée et nature accessible en train,
  • villes moyennes d’un même pays,
  • rivières et lacs,
  • architecture contemporaine, street art, littérature…

Quelques exemples concrets :

  • Un séjour de 10 jours en Espagne centré sur les marchés, bars à tapas de quartier et villages viticoles, sans forcément passer par Barcelone.
  • Une semaine en Allemagne autour des villes sur le Main ou le Rhin (Würzburg, Bamberg, Rüdesheim…), avec navigation fluviale et balades dans les vignobles.
  • Un voyage « cafés et librairies » en Europe centrale : Ljubljana, Zagreb, Trieste, ou Vienne, Brno, Bratislava, Budapest.

Ce type de structuration change tout psychologiquement : vous n’êtes plus en train de cocher une liste « imposée », mais de suivre un fil qui vous parle vraiment.

Comment adapter ces tendances à votre prochain voyage en Europe

Tout le monde n’a pas 3 semaines, ni envie de pédaler 60 km par jour, ni la patience de passer 8 heures dans un train. L’idée n’est pas de cocher toutes les cases du slow travel, mais de choisir ce qui est réaliste pour vous.

Pour préparer un prochain voyage européen dans cet esprit, vous pouvez :

  • Réduire le nombre d’étapes prévu initialement : passer de 5 villes à 3, de 3 pays à 1 ou 2.
  • Choisir au moins une base fixe de 5 à 7 nuits, autour de laquelle il est facile de rayonner.
  • Organiser un maximum de trajets en train sur des distances de 2–5 h pour garder une bonne dynamique.
  • Repérer une ou deux activités « lentes » : marché, balade fluviale, location de vélo, journée sans programme.
  • Accepter de ne pas tout voir : se dire clairement avant de partir ce que vous ne ferez pas, plutôt que d’essayer d’ajouter au fur et à mesure.

Pour le budget, le slow travel en Europe peut être :

  • ni plus cher ni moins cher qu’un voyage classique si vous gardez le même niveau de confort,
  • plus économique si vous profitez des séjours longs, cuisinez une partie des repas et évitez les capitales saturées,
  • plus cher uniquement si vous compensez par des hébergements très confortables ou des activités premium.

L’enjeu est surtout d’optimiser votre énergie et votre temps. Moins de files d’attente, moins d’aéroports, moins de repacking : plus de temps à marcher, s’asseoir, observer, revenir deux fois au même endroit parce que vous vous y sentez bien.

C’est là que le slow travel, au-delà de la tendance, devient une vraie manière de voyager : plus simple, plus lucide, et souvent, plus satisfaisante sur le long terme.

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